" Pourquoi je fais tant d'emprunts à la langue, au " jargon", à la syntaxe argotique, pourquoi je la forme moi-même si tel est mon besoin de l'instant ? Parce que, vous l'avez dit, elle meurt vite, cette langue, donc elle a vécu, elle vit tant que je l'emploie.
"...Une langue c'est comme le reste, ça meurt tout le temps. Ca doit mourir. Il faut s'y résigner. La langue des romans habituels est morte, syntaxe morte, tout mort. Les miens mourront aussi, bientôt sans doute. Mais ils auront eu la petite supériorité sur tant d'autres, ils auront pendant un an, un mois, un jour, vécu.
" Tout est là. Le reste n'est que grossièreté, imbécile, gâteuse, vantardise. Dans toute cette recherche d'un français absolu, il existe une niaise prétention insupportable, à l'éternité d'une forme d'écrire. "
Réponse du " syntaxier "à un reproche d'André Rousseaux dans le Figaro.
L.F. Céline. L'HERNE ( LES CAHIERS DE L'HERNE ). 4ième trimestre 1981 ( page 462 )
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