A VILLEQUIER
Nous ne voyons jamais qu'un seul côté des choses
L'autre plonge en la nuit d'un mystère effrayant.
L'homme subit le joug sans connaître les causes
Tout ce qu'il voit est court, inutile et fuyant.
Dès qu'il possède un bien, le sort le lui retire.
Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours,
Pour qu'il s'en puisse faire une demeure et dire:
C'est ici ma maison, mon champ et mes amours.
Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue
Que l'oiseau perd sa plume et la fleur son parfum;
Que la création est une grande roue
Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un
Siegneur, je reconnais que l'homme est en délire
S'il ose murmurer;
Je cesse d'accuser, je cesse de maudire.
Mais laisser-moi pleurer !
( extraits choisis )
Victor Hugo
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